October 26, 2026

Je lui parle de ce que nous recherchons tous. Il me répond que ce n’est pas zen…

by Marc-Antoine Tschopp in Uncategorized | 0 Comments

Je viens de passer trois heures à échanger avec un maître zen dans son temple. Nous partageons la même approche de la vie : être vraiment heureux, à chaque instant.

Lorsque je lui définis ce que j’entends par « être heureux », soit danser en parfaite harmonie avec les événements de la vie pour se sentir en paix, aimé, libre et au service, il me répond que c’est de la théorie intellectuelle.

Être zen, c’est pratiquer la pleine présence à chaque instant.

Il se lève à 5 heures du matin et commence par plus d’une heure de silence Zazen, suivi de chants en relation avec Bouddha. C’est ainsi qu’il se relie au divin.

Puis il œuvre aux tâches ménagères et au jardinage. C’est ainsi qu’il se relie à la vie réelle.

Puis, enfin, il se livre aux rencontres et autres obligations sociales.

Pas besoin de chercher quelque chose. Tout est déjà en nous. Il s’agit juste d’enlever l’inutile et d’être présent à ce qui est.

Et là, voyez-vous, quelque chose m’a un peu dérangé.

Pas beaucoup. Juste assez pour que je commence à me gratter la tête intérieurement, comme un vieux détective qui croit avoir perdu son stylo alors qu’il l’a derrière l’oreille.

Je venais avec une belle définition du bonheur. Paix, amour, liberté, service. C’était propre. Cohérent. Presque élégant. Peut-être même un peu trop.

Le maître zen, lui, ne semblait pas impressionné.

Il ne m’a pas contredit par une théorie plus brillante. Il ne m’a pas expliqué un nouveau modèle. Il m’a simplement ramené à la pratique.

S’asseoir.

Respirer.

Chanter.

Balayer.

Jardiner.

Recevoir quelqu’un.

Être là.

C’est presque frustrant pour notre mental occidental, surtout quand on aime comprendre, organiser, modéliser. Nous voulons savoir ce que signifie être heureux. Le zen japonais demande plutôt : es-tu présent pendant que tu laves ton bol ?

Drôle de renversement, non ?

Le zen ne cherche pas le bonheur. Il enlève ce qui l’empêche d’apparaître.

Dans l’approche du bouddhisme zen japonais, la vie spirituelle n’est pas séparée de la vie quotidienne. Le silence du Zazen et le geste de balayer le sol ne sont pas deux mondes. Ils sont la même pratique, sous deux formes différentes.

Le temple n’est pas seulement le lieu sacré. Le jardin aussi. La cuisine aussi. La relation aussi. Même la réunion difficile, si j’ose dire, même le comité de direction du lundi matin.

Là encore, une petite contradiction apparaît.

Nous disons souvent : « Je veux être plus calme. Je veux être plus aligné. Je veux être plus conscient. »

Très bien.

Mais ensuite, nous cherchons cet alignement ailleurs. Dans une retraite, dans un livre, dans une formation, dans une méthode, parfois même dans une autre personne. Comme si la paix était un objet oublié quelque part, entre Kyoto, Bali et notre prochain séminaire de leadership.

Le maître zen semble dire autre chose : ne cherche pas la paix comme un résultat. Pratique la présence comme un chemin.

C’est là que le lien avec PODnow® devient intéressant.

Pas parce que PODnow® serait du zen déguisé. Ce serait trop facile, et probablement faux. Mais parce que PODnow® traduit, dans la vie moderne du dirigeant, une intuition très proche : la conscience ne sert à rien si elle ne descend pas dans le geste suivant.

Le message n’est pas : deviens quelqu’un d’autre.

Le message est plutôt : arrête-toi assez longtemps pour voir ce qui agit en toi.

Pause : le Zazen du quotidien

Dans le zen, Zazen est cette assise silencieuse qui ne cherche pas à produire quelque chose. On s’assoit. On respire. On observe. Les pensées passent. Le corps parle. L’ego s’agite un peu, parfois beaucoup. Et l’on reste là.

Dans PODnow®, le premier mouvement est Pause.

Pause ne veut pas dire fuir l’action. Cela veut dire interrompre le pilotage automatique. Avant de répondre trop vite. Avant d’envoyer ce message écrit depuis la colère. Avant de prendre une décision uniquement pour retrouver le contrôle.

La pause est minuscule. Mais elle ouvre une brèche.

Une respiration avant de parler.

Une main posée sur le ventre avant une réunion.

Un silence avant de justifier.

Je me souviens d’un dirigeant qui me disait : « Je n’ai pas le temps de faire une pause. » Et je me suis demandé, humblement, parce que je suis parfois lent à comprendre : « Ah bon… mais tu as le temps de réparer les dégâts d’une réaction trop rapide ? »

La pause est peut-être le Zazen du leader moderne. Pas toujours sur un coussin. Parfois debout dans un ascenseur. Parfois devant un email. Parfois au milieu d’un conflit.

Le temple se déplace.

Observe : voir sans ajouter une histoire

Le maître zen ne semblait pas vouloir discuter de mon concept du bonheur. Il me ramenait au réel.

Observer, dans PODnow®, c’est cela : revenir à ce qui est là avant que le mental ne fabrique son film.

Il y a les faits.

Puis il y a mon corps.

Puis il y a mes émotions.

Puis il y a l’histoire que je me raconte.

Un collaborateur ne répond pas à mon message.

Fait : il n’a pas répondu.

Corps : tension dans la poitrine.

Émotion : irritation, peut-être peur.

Histoire : « Il ne me respecte pas. »

Ah, voilà. Le scénario est lancé. Avec musique dramatique, plans serrés, et moi dans le rôle principal.

Le zen nous invite à voir la pensée comme une pensée. PODnow® nous invite à distinguer l’observable de l’interprétation. Dans les deux cas, il s’agit d’un désenvoûtement.

Je ne suis pas obligé de croire tout ce que mon mental raconte.

C’est une bonne nouvelle. Un peu vexante, mais bonne.

Decide : agir depuis la présence, pas depuis la peur

Le zen n’est pas passif. Il est radicalement actif, mais sans agitation inutile.

Le moine s’assoit. Puis il se lève. Puis il balaie. Puis il chante. Puis il accueille. Chaque geste est simple, mais entier.

Dans PODnow®, Decide n’est pas une décision mentale prise depuis la crispation. C’est le choix qui apparaît lorsque la pause et l’observation ont fait leur travail.

Je vois ce qui se passe.

Je vois ce que je ressens.

Je vois ce que mon ego voudrait faire pour se protéger.

Et maintenant, je choisis.

Pas parfaitement. Pas saintement. Humainement.

Décider, ce n’est pas contrôler le résultat. C’est prendre la responsabilité du prochain geste.

Une parole plus juste.

Une limite plus claire.

Une excuse.

Un non.

Un oui.

Un silence.

Dans une culture de performance, nous confondons souvent vitesse et justesse. Le zen, comme PODnow®, suggère une autre formule : ralentir assez pour agir plus vrai.

C’est moins spectaculaire qu’une grande stratégie. Mais parfois, une seule réponse consciente évite trois mois de tension.

100 : se respecter sans se prendre pour le centre du monde

Le maître zen commence sa journée par la pratique. Ce n’est pas de l’égoïsme. C’est de l’hygiène intérieure.

Voilà un point subtil.

Dans PODnow®, 100 signifie se respecter à 100 %. Pas à 53 %. Pas seulement quand tout le monde est content. Pas seulement après avoir sauvé l’entreprise, répondu à tous les messages et prouvé qu’on mérite d’exister.

Se respecter, c’est reconnaître que je fais partie de la relation.

C’est là que beaucoup de leaders se trompent avec beaucoup de bonne volonté. Ils veulent servir. Ils veulent protéger. Ils veulent inspirer. Alors ils s’oublient.

Et ensuite, curieusement, ils deviennent irritables, impatients, contrôlants. C’est étrange, n’est-ce pas ? Nous appelons cela engagement. Mais parfois, c’est juste de l’épuisement habillé en vertu.

Le zen commence par l’assise. PODnow® commence par le retour à soi.

Non pour se séparer du monde.

Pour y revenir entier.

x100 : respecter la rencontre

Après le silence et les tâches simples, le maître zen entre dans les rencontres.

L’ordre est important.

Il ne commence pas par convaincre. Il commence par se rendre disponible.

Dans PODnow®, x100 signifie respecter à 100 % la relation, la rencontre, le lien. Ce n’est pas se soumettre. Ce n’est pas éviter le désaccord. Ce n’est pas devenir gentil au point de disparaître.

C’est honorer l’espace entre nous.

Dans le zen, on pourrait dire que chaque rencontre est unique. Une personne entre dans la pièce. Elle ne reviendra jamais exactement de la même manière. Moi non plus.

Alors comment puis-je l’écouter si je prépare déjà ma défense ?

Comment puis-je la rencontrer si je l’ai déjà réduite à son comportement ?

Comment puis-je aimer la vérité si je veux seulement avoir raison ?

Dans une entreprise, cette pratique devient très concrète. Elle change la façon de mener une réunion, d’annoncer une décision, de traverser un conflit, de donner un feedback.

Le respect de la relation ne ralentit pas la performance. Il enlève souvent les résistances inutiles.

Comme dans un jardin zen, on retire les pierres mal placées. Et soudain, l’eau circule mieux.

0 : ne rien attendre en retour

Voici peut-être le point le plus zen de PODnow® : le 0.

Ne rien attendre en retour.

Alors là, notre ego tousse un peu.

Parce que nous aimons bien donner, oui. Mais recevoir aussi. Être reconnu. Être remercié. Être compris. Être aimé de la bonne manière, au bon moment, avec le bon ton.

Nous disons : « Je n’attends rien. »

Puis nous vérifions quand même si l’autre a remarqué.

Le zen nous invite à poser le geste juste sans nous accrocher au fruit du geste. PODnow® dit la même chose dans une langue accessible à nos vies relationnelles et professionnelles : fais ta part, pleinement, puis libère le résultat.

Cela ne veut pas dire devenir indifférent.

Cela veut dire ne pas confondre engagement et attachement.

Je peux servir sans contrôler.

Je peux aimer sans posséder.

Je peux décider sans garantir.

Je peux offrir sans facture invisible.

Et franchement, entre nous, combien de nos souffrances viennent de ces petites factures invisibles que nous envoyons aux autres sans jamais les avoir écrites ?

Le lien profond : de la théorie à l’incarnation

Le maître zen m’a rendu un grand service.

Il m’a montré que ma définition du bonheur était peut-être juste, mais encore trop haute dans la tête.

Paix, amour, liberté, service : oui.

Mais où sont-ils lorsque je suis contrarié ?

Où sont-ils lorsque je suis pressé ?

Où sont-ils lorsque l’autre ne répond pas comme je l’espérais ?

Où sont-ils lorsque je dois nettoyer, attendre, écouter, recommencer ?

Le zen japonais et PODnow® se rejoignent dans cette exigence simple : la conscience doit devenir pratique.

Pas une idée brillante.

Pas une posture spirituelle.

Pas une belle phrase sur LinkedIn avec une photo de temple en arrière-plan.

Une pratique.

Maintenant.

Dans ce souffle.

Dans ce geste.

Dans cette conversation.

Dans cette décision.

Le zen dit : assieds-toi, respire, sois présent.

PODnow® dit : Pause, Observe, Decide, respecte-toi à 100 %, honore la relation x100, puis n’attends rien en retour.

Deux langages. Une même direction.

Enlever l’inutile.

Revenir au réel.

Agir depuis un espace d’abondance plutôt que depuis la peur.

Et si tout était déjà là ?

Nous cherchons souvent le bonheur comme une destination. Le maître zen, lui, semble dire qu’il est davantage une manière de marcher.

PODnow® ajoute peut-être ceci : dans nos vies modernes, saturées d’urgences, de tensions et de responsabilités, nous avons besoin d’une formule simple pour nous souvenir de cette manière de marcher.

Pause.

Observe.

Décide.

100

x100.

0

Rien de très spectaculaire, finalement.

Mais le soleil non plus ne fait pas de bruit quand il se lève.

Alors peut-être que la vraie question n’est pas : « Comment être heureux ? »

Peut-être que la vraie question est plus simple, plus gênante aussi : qu’est-ce que je dois arrêter d’ajouter à cet instant pour enfin être présent à ce qui est ?

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