Hier après-midi, j’étais accueilli par une communauté spirituelle. Simplicité. Plantes soignées. Murmures sur l’âme, sur l’humain, sur l’expérience d’être. Le vent traversait les ouvertures de cette ancienne maison, et dans ce souffle… un silence sacré.
Hier soir, je dansais au milieu d’une foule de privilégiés. Rythmes effrénés. Cris pour se faire entendre. Conversations bruyantes sur un monde à la dérive… sur « les autres ».
Ce matin, j’ai sauvé un oiseau blessé, pris au piège dans les épines d’une plante souple. Puis, au supermarché, un homme en difficulté m’a lancé : « Pas d’argent… du lait et du riz, s’il vous plaît. » J’ai rempli son sac.
Et maintenant, je me pose.
Quel de ces mondes me rend plus vrai ? Où suis-je le plus en lien avec moi, avec l’autre, avec la Vie ?
Je repense à ce texte que j’ai écrit : Suis-je un homme bon… ou juste un gentil con ? La vérité, c’est que je retombe souvent dans ce rôle : le gentil con. Celui qui veut faire le bien, mais qui fuit parfois la vérité de ses contradictions.
Le plus troublant, c’est qu’après chaque prise de conscience, je retourne me réfugier dans mes certitudes. J’ouvre mon clavier, j’écris ce qui “serait juste”. J’invoque PODnow®, comme si j’étais déjà cet homme pleinement conscient… alors que parfois, je suis encore en chemin, parfois même en fuite.
Ce que j’écris est aussi ma propre catharsis. Une manière de me rappeler à moi-même que je veux être présent. Conscient. Vrai. Mais ai-je raison ? Quelle version de moi — le méditant, le fêtard, le sauveur — est la plus alignée ? Et suis-je seulement légitime pour juger tout ça ?
Nietzsche disait :
« Ce qui rend fou, ce n’est pas le doute, c’est la certitude. »
Et je ressens cette folie douce. Pas celle du chaos extérieur. Mais celle née de l’intensité intérieure, de vouloir comprendre le monde à travers mes émotions, mes relations, et ce sentiment profond d’avoir une mission ici, sur Terre.
Alors je respire.
Je doute. Je lâche prise.
Et dans cet espace…
Mon cœur s’allume, mes tripes vibrent, mes joues se détendent.
La Joie revient.
La vérité est en moi, à chaque instant, impermanente et vivante…