Voici l’histoire de Rouge et Bleue, deux vies parallèles, deux récits archétypes, deux façons de traverser le cycle d’un CEO – l’un dans l’abondance, l’autre dans la peur. Ce n’est pas un conte, c’est un miroir. Et peut-être que tu t’y reconnaîtras, en partie… ou en profondeur.


L’inconscience radicale (0-2 ans)

L’arrivée au monde. Tout est réaction instinctive. Exploration intense de l'environnement. Attachement. Le futur CEO découvre le monde avec les sens et développe l’attachement. Déjà, les premiers signaux d’autorité émergent : pleurs bien dosés pour obtenir ce qu’il/elle veut. Le "leader" en germe teste son pouvoir.  Il peut montrer une curiosité particulièrement vive, une ténacité à atteindre un objet désiré.

Rouge est née dans un cocon d’amour. Son père la regardait comme un miracle, sa mère chantait en la berçant. Le monde était sûr, chaleureux, vibrant. Elle apprit que demander amenait une réponse.

Bleue, lui, est arrivé trop tôt. Sa mère était épuisée, hospitalisée. Le contact peau à peau manquait. Son corps a appris que la survie ne dépendait que de lui-même. Déjà, la peur s’est imprimée.


La première rivalité (1-4 ans)

La naissance d’un frère ou une soeur. Le trône vacille. Jalousie possible, apprentissage du partage. Le CEO en devenir découvre la concurrence. Première grande leçon de leadership : chercher à maintenir son "territoire" ou, au contraire, développer très tôt des stratégies pour interagir et "gérer" la relation avec le nouvel arrivant. Ce qui nourrit, plus tard, une obsession fréquente : l’unicité

Rouge devient grande sœur. Elle prépare un dessin pour l’arrivée du bébé, se sent fière. On la valorise. Elle développe l’empathie et la responsabilité.

Bleue sent qu’il a perdu sa place. Moins de câlins, plus de "tais-toi". Il se durcit, commence à chercher des moyens d’être exceptionnel pour regagner l’attention.


L’entrée dans la société (3-5 ans)

Le premier départ de la famille. Choc social. Apprentissage des règles sociales, premières amitiés. L’enfant comprend qu’il n’est pas le centre du monde. Il développe le langage, la négociation, et les prémices de l’intelligence émotionnelle : "Si je pleure trop, on me rejette. Si je souris, on m’accueille."  Le futur CEO peut se révéler leader dans les jeux, celui qui propose, organise, ou au contraire un observateur attentif qui analyse les dynamiques de groupe avant d'agir. Capacité à influencer ses pairs.

Rouge court vers les jeux, s’émerveille à la crèche. Elle crée des histoires avec les autres enfants, devient une petite meneuse naturelle.

Bleue est bousculé, isolé. On se moque de son doudou. Il apprend à observer avant d’agir, à se méfier. Il commence à se refermer.


L’identité en mutation (9-12 ans)

Intérêt pour les règles, les jeux d'équipe, la compétition structurée. Le futur CEO commence à chercher sa place dans une tribu. Il/elle teste des rôles. Premiers projets de groupe, parfois tyranniques, souvent brillants. La créativité explose, et les valeurs personnelles émergent doucement. Le futur CEO peut exceller dans l'organisation de projets de groupe, montrer un sens de la justice, et une capacité à argumenter logiquement pour défendre ses idées.

Rouge mène son équipe de basket à la victoire. Son exposé sur les planètes émerveille le prof. Elle apprend que sa voix a du poids.

Bleue est choisi en dernier. Son exposé est confus, il bredouille. Il commence à douter de son intelligence. Il compense par l’humour... ou le silence.


La rébellion sacrée (13-18 ans)

Remise en question de l'autorité, formation de groupes d'amis solides, idéalisme, premières ambitions. Le "mini CEO" veut diriger… mais personne ne l’écoute. Alors il/elle crée une contre-culture. C’est l’âge du charisme naissant, des idéaux absolus, et des conflits avec l’autorité. Début de l'indépendance intellectuelle. La graine de l’entrepreneur est semée. Le futur leader peut s'investir dans des associations, des clubs, prendre des responsabilités (délégué de classe), montrer une vision à plus long terme et une forte motivation pour ses objectifs.

Rouge organise un événement au lycée pour une cause locale. Son prof de philo lui dit qu’elle a l’étoffe d’une leader. Elle croit en elle.

Bleue vit une rupture amoureuse cruelle. Il est moqué pour sa timidité. Il développe une façade sarcastique, se forge une carapace. Son masque devient son refuge.


La quête de compétence (18-25 ans)

L’université ou l’apprentissage. On forge ses outils : pensée abstraite, stratégies, réseaux. Forte capacité de travail, gestion du stress. Début de l’endurance mentale. Le jeune CEO se positionne : "je veux avoir un impact". Il/elle commence à rêver grand, mais sans toujours mesurer la complexité: choix d'études exigeantes (commerce, ingénierie, droit...), implication dans la vie étudiante (associations, projets entrepreneuriaux). Recherche de stages et d'expériences valorisantes. 

Rouge intègre HEC. Elle rencontre un mentor qui voit en elle un futur CEO. Elle s’épanouit, rêve grand, ose.

Bleue rate sa prépa. Se retrouve dans une filière qu’il n’a pas choisie. Se sent perdu, invisible dans les amphis. Il s’accroche par orgueil.


La confrontation au réel (25-30 ans)

Le premier job, un choc : les idées ne suffisent pas. Il faut composer, obéir, s’adapter. Premiers mentors, premières humiliations. Volonté de faire ses preuves, ambition, recherche de défis. Le futur leader apprend la résilience. La graine du leadership mûrit. Il se distingue par sa proactivité, sa capacité à dépasser les attentes, à identifier des opportunités d'amélioration et à prendre des initiatives. Il/elle cherche à comprendre la stratégie globale de l'entreprise.

Rouge propose une idée en réunion, qui est mise en œuvre. Elle est félicitée, on lui confie un dossier important. Elle découvre sa zone d’impact.

Bleue se retrouve sous les ordres d’un manager autoritaire. On lui donne les tâches ingrates. Il se sent broyé, commence à haïr le système.


La co-construction (30-35 ans)

Construire à deux. Le CEO découvre que la réussite n’a de sens que partagée. Ou il/elle échoue déjà, happé(e) par l’ambition solitaire. L’équilibre entre vie personnelle et professionnelle devient un thème latent. Nécessite une bonne communication et un soutien mutuel, surtout si les deux partenaires ont des carrières exigeantes. Pour un CEO, un partenaire soutenant est un atout majeur.

Rouge trouve un partenaire complice, qui l’encourage et la célèbre. Ensemble, ils créent un foyer joyeux et libre.

Bleue se marie, espérant réparer ses blessures. Rapidement, les disputes commencent. Il se sent piégé, incompris. Il se referme encore plus.


Le test du pouvoir (30-40 ans)

Les premières responsablilités managériales. Passage d'un rôle d'expert à un rôle de leader d'équipe. Développement de compétences en gestion, motivation, délégation. Le moment où tout bascule. Diriger les autres confronte à soi-même. Projection, transfert, ego. Les premiers CEO échouent là : pas à cause d’un manque de compétence, mais de conscience. Ceux qui réussissent découvrent l’humilité, montrant une capacité à inspirer, à fixer des objectifs clairs, et à développer ses collaborateurs. Il/elle apprend à gérer la complexité et la pression.

Rouge est promue directrice. Elle met en place une culture de confiance. Son équipe la suit avec enthousiasme. Elle rayonne.

Bleue devient manager. Mais il doute, contrôle trop, n’ose pas déléguer. On murmure qu’il est "difficile". Il s’isole dans la performance.


L’école du don (30-45 ans)

L’arrivée des enfants. Bouleversement majeur, nuit écourtées, priorités bousculées, gestion complexe du temps et de l'énergie. Défi de l'équilibre vie pro/vie perso. Le CEO parent doit développer des stratégies d'organisation extrêmes, savoir déléguer (au travail et à la maison), et gérer la culpabilité potentielle. Il/elle doit apprendre à lâcher prise. L’enfant devient un miroir implacable. Certains deviennent des leaders plus humains. D’autres s’absentent, toujours en vol.

Rouge découvre un amour infini. Elle organise ses journées pour être présente, même quand elle gère une crise au bureau. Elle apprend à lâcher.

Bleue perd pied. Les pleurs, le manque de sommeil, la pression du travail. Il se sent inadéquat à la maison, inutilement fort au travail.


La fêlure existentielle (40-50 ans)

Le masque tombe. Crise de couple majeure, réorganisation de la vie familiale et financière, stress émotionnel. Une part de soi ne suffit plus. Souvent mal vécue pouvant  impacter la performance professionnelle temporairement. Exige une grande résilience. Pour un CEO, la discrétion est souvent de mise pour protéger l'image de l'entreprise, c’est pourtant une étape-clé : reconstruire une identité plus vraie. Pour beaucoup, c’est l’origine d’un leadership transformé.

Rouge vit un divorce paisible. Un acte de clarté. Elle garde le lien, la tendresse, redessine sa vie avec sérénité.

Bleue s’effondre. Le séparation est conflictuel, les enfants en souffrent. Il en veut au monde, à elle, à lui. Il perd le fil.


Le dépouillement nécessaire (la crise de la cinquantaine)

Remise en question existentielle, bilan de mi-vie. Prise de conscience du temps qui passe. Pour un CEO, cela peut coïncider avec le sommet de sa carrière. Le CEO réalise que l’ambition ne remplit pas l’âme. Recherche de sens, volonté de laisser un héritage, mentorat. Peut aussi être une période de changement de carrière, de création d'une nouvelle entreprise, ou d'intensification de l'engagement philanthropique. Ce moment est brutal… ou salutaire. Ceux qui résistent sombrent dans le cynisme ou l’addiction. Ceux qui plongent en eux-mêmes accèdent à une conscience plus vaste. Ils deviennent des sages.

Rouge prend un sabbatique. Elle marche seule en Patagonie. Revient métamorphosée. Lance un projet qui la fait vibrer.

Bleue se lève sans envie. Il doute. Achète une voiture rouge. Change de poste pour fuir le vide. Mais le vide revient, tenace.


La perte et la puissance (45-60 ans)

Transformation du corps, de l’énergie, des désirs. Certains résistent, d’autres s’ouvrent à une autre forme de puissance : plus calme, plus intuitive. Le vrai CEO intérieur prend le relais du personnage social. La femme CEO vit des bouffées de chaleur, fatigue et sautes d'humeur qu’elle gère, parfois en silence dans un milieu professionnel exigeant. L’homme CEO a une baisse progressive de testostérone, pouvant entraîner fatigue, baisse de libido, changements d'humeur. Souvent moins discutée ouvertement. Prise de conscience de la santé physique.

Rouge accueille les changements liés à la ménopause ou andropause avec sagesse. Elle ralentit, médite, écrit. Elle sent une force intérieure nouvelle.

Bleue dort mal, perd le goût du sexe, se sent vieux. Il n’en parle à personne. Il compense en travaillant plus.


Le silence révélateur (50-60 ans)

Les enfants quittent le foyer familial. Transition pour les parents, redéfinition du rôle parental, plus de temps pour soi ou le couple. La maison devient vide. Peut être vécu comme une libération ou une perte. Pour un CEO, cela peut signifier plus de disponibilité pour le travail ou, au contraire, une envie de ralentir et de profiter de cette nouvelle liberté. Il/elle redécouvre l’espace intérieur. Il/elle se demande : "Qui suis-je quand je ne suis plus indispensable ?". C’est souvent là que naît l’envie de transmettre, de mentorer, de coacher.

Rouge redécouvre son couple, ou un nouvel amour. Elle lance un podcast, explore la peinture. Elle danse.

Bleue erre dans la maison. Silencieuse. Trop grande. Il pense aux années perdues, aux "si j’avais su". L’amertume s’infiltre.


Le retrait ou l’élévation (60-70 ans)

La retraite n’est pas une fin, mais une mue. Le CEO se défait des titres pour ne garder que la transmission. Souvent, transition vers des rôles de conseil, des sièges à des conseils d'administration, philanthropie, transmission de savoir. Besoin de se sentir utile et de maintenir une activité intellectuelle… ou bien de disparaître dans le golf et les regrets. Les meilleurs fondent une école, un cercle, un mouvement.

Rouge devient coach, mentor, conférencière. Elle partage, inspire. Son agenda est libre, mais sa vie pleine.

Bleue vend sa boîte. Plus de titres, plus d’e-mails. Le silence est assourdissant. Il regarde les photos de ses succès passés, comme un musée figé.


Le réveil brutal (70-80 ans)

Le corps rappelle sa fragilité. Confrontation à sa propre vulnérabilité et mortalité. Le CEO voit l’impermanence. Réévaluation des priorités, importance accrue de la santé et des proches. Ceux qui luttent souffrent davantage. Ceux qui acceptent s’ouvrent à la grâce du ralentissement. Les priorités changent : présence, simplicité, gratitude.

Rouge tombe malade, mais entourée. Elle ressent l’amour, le lien, la gratitude. Chaque moment devient précieux.

Bleue cache son diagnostic. Il a honte. Ne veut pas déranger. Il souffre seul, entre peur et regrets.


Le retour à l’innocence (70-85 ans)

Les petits-enfants. Source importante de satisfaction et de sens. Pour un ex-CEO, cela offre une nouvelle sphère d'influence bienveillante et un lien avec les générations futures. Il/elle redevenu doux rit avec les enfants et répare parfois ses erreurs passées par l’écoute. L’ego fond dans le jeu, la bienveillance, le présent. Certains écrivent enfin leur livre.

Rouge joue, raconte, rit. Elle transmet sans imposer. Elle voit dans les yeux de ses petits-enfants une étincelle d’éternité.

Bleue se sent fatigué. Il ne comprend pas leur monde. Parfois, il évite les invitations. Il se sent vieux, inutile.


Le moment de vérité (80+ ans)

Vient le moment où l’on se demande : "Ai-je été pleinement vivant ?". Le CEO conscient quitte le monde avec paix. Pour lui/elle la question de l'héritage (professionnel, financier, familial, social) est centrale. Volonté de laisser les choses "en ordre". Certains deviennent immortels par leur œuvre, leur impact ou… leur amour. 

Rouge sourit. Elle a aimé, vécu, transmis. Elle est prête. Elle ferme les yeux dans la paix.

Bleue résiste. Peur, regrets, solitude. Trop de contrôle, pas assez d’amour. Il réalise, trop tard, qu’il a tout fait… sauf vivre.


Et toi ?

Qui es-tu dans ce récit ? Bleue ? Rouge ? Un peu des deux ?

Et si ce n’était pas un choix d’expérience, mais une regard porté sur notre vécu ?!
Chaque étape est une chance de changer notre état d’esprit, de la survie à celui de l’abondance… c’est toi qui décide, pas le destin!

Partage tes moment-clé. Où en es-tu dans ton cycle ?

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